lundi 4 juillet 2016

Laisse le vent emporter tout

Parce que si c'est joliment dit, je laisse M. parler pour moi... 

Mais tout ce qui s'est passé
Glisse à côté
Comme l'eau sur les joues.
Rester comme ça attaché
Quand l'autre a quitté.

Et tous ces mots qu'on a dit
Mots qu'on a fuit
Où sont ils allés ?
Rester comme ça attaché
Ne peut rien changer
Alors va...

Je laisse le vent emporter tout
Laisse le vent prendre soin de tout
Je laisse le vent emporter tout
Laisse le vent prendre soin de nous...

Je t'ai rêvé homme sans pied,
Dieu ou névé,
Ou comme un bruit doux.
Là j'irai bien te chercher,
J'ai tellement changé

Mais tout ce qui s'est passé
Glisse à côté
Comme l'eau sur les joues.
Quand je t'ai pris par la main,
C'était un matin bien.

Je laisse le vent emporter tout
Laisse le vent prendre soin de tout
Je laisse le vent emporter tout
Laisse le vent prendre soin de nous...

vendredi 1 juillet 2016

Sans vie

Face contre terre, 
Allongé de tout mon long, 
Le corps éteint, endolori, sans vie, 
Je mords la poussière. 

Toutes les fibres de mon être suffoquent. 
Une chute inexorable qui s’achève en un bouleversant fracas. 
Des milliers de fragments de se moi meurtri qu’il va falloir recoller un à un. 

La lumière s’évanouit. 
Le noir est sombre, le vent glacial de mon hiver emporte tout. 
Je m’endors loin de tes chimères. 

Me souviendrais-je du bonheur ? 
Saurais-je me pardonner les erreurs ? 
Saurais-je retrouver le chemin qui mène à moi ? 

Redevenir soi, s’aimer de nouveau, se respecter, ne pas être autre. 
Mais qui est-il ? 
L’incommensurable me courbe l’échine. 

Vient le temps de se relever, 
Redresser le poids inanimé de mon âme. 
Faire le premier geste, 
Rassembler ce qu’il reste d’énergie. 
Cesser l’obsession, apprivoiser le vide, l’étreindre avec passion. 

mardi 21 juin 2016

Pauvre chèvre

J’abdique. 
J’avoue l’inavouable. 
J'ai fait le voeu de me montrer dans toute ma vérité, y compris la plus méprisable.

La rage s’est emparée de moi. 
Je vis la confusion la plus totale. 
L’amour et la haine se déchaînent en mon for intérieur. 

Je comprends désormais le sens de ce « I can’t live with or without you ». 
Mon présent se résume ainsi. 
Longtemps j’ai redouté cet instant, l’ai anticipé, préparé, en vain.
Je l’ai senti venir comme la légère brise annonce la tempête.
Longuement j’ai prié pour refaire ma vie avant la tienne, en vain. 

Chacune de mes pensées pour toi revêtaient la couleur de la nostalgie, désormais elles se parent d’une sombre tristesse, d’une furieuse colère, d’un chagrin monotone. Il suffit d’une seconde, une seule toute petite seconde au cours de laquelle un autre visage m’apparaît auprès du tien pour que je perde la raison. J’ai rejeté ces émotions détestables qui m’assaillent, tenté de laisser place à l’intelligence et au raisonnement positif, mais il est des vérités contre lesquelles on ne peut rien. Celle-ci est bien plus forte que moi et je ne dispose pas de l’énergie suffisante pour la combattre. 

Et je n’ai finalement pas honte d’admettre que je suis humain. 
Je ne suis pas un surhomme doté d’une capacité hors norme à la résilience, à l’acceptation. J’admets ma faiblesse, ma petitesse face à des ressentis qui ont eu raison de ma bonté. 

J’aimerais hurler, vociférer comme une bête enragée sentant son heure poindre alors qu’on la mène à l’abattoir. Je ressens cette lame glaciale placée sous mon cou, transpercée mes chairs. Exquise mise à mort.

Je tire un trait sur mes plus beaux souvenirs car ils m’envahissent à présent d’un mal profond. 

Chacune de tes évocations s’accompagnent d’un soupir, un râle, une plainte lancinante. L’hémorragie semble généralisée. Ce mal de vivre paraît si abyssale. Je ne cesse de tournoyer, emporté par le tourbillon d'une chute inexorable, interminable.

Que m’est-il arrivé ? 
Que suis-je devenu ? 
Une minable petite personne qui ne possède rien d’autre que sa misère ? 
Vais-je devoir continuer le reste de mon existence à me mépriser parce que je t’aime et te déteste tout à la fois ? 
Comment se débarrasse-t-on de tels fardeaux ? 

Outre-Atlantique ils prétendent que l’amour et la haine sont les deux cornes d’une même chèvre. Je les empoigne et avoue mon pâle désarroi. Je vais bien finir par lâcher prise et libérer cette pauvre bête de mon étreinte, bientôt… 

mardi 14 juin 2016

Sans toi

Ma respiration se fait haletante, le bien-être ne tiendrait-il qu’à un fil ?

Un jour il prend tellement de place que plus grand chose ne semble avoir d’importance, à part lui. Le lendemain on lui demande de disparaître complètement de notre vie parce qu’il apparaît préférable que la suite se fasse sans lui. 
Impermanence de l’existence, fragilité du grand tout. Les contradictions de la vie, cette vie qui place au-dessus de tout un être, une chose et rend insupportable ensuite sa moindre évocation. On ferme les yeux et il n’est plus notre centre d’attention, alors même que la veille on les ouvrait sur son sourire matinal enivrant tant indispensable. 

Qu’est-ce qui nous pousse à faire de l’autre l’objet de notre bonheur pour un jour se dire qu’il l’entrave ? Est-ce réellement lui ou alors la place que l’on veut bien lui accorder ? Est-ce dissociable ? Sommes-nous victimes de nos élans ? Conditionnons-nous notre bonheur à la présence des autres ? 

J’ai décidé de m’écouter, d’être attentif à mes émotions, à mon ego qui me joue des tours et s’acharne contre mon Moi pour le faire souffrir. Je ne tergiverse plus, mon instinct me dit fonce, alors je fonce. Il est grand temps de vivre en pleine conscience. Lorsque l’on sombre dans l’obsession c’est que le cerveau s’acharne, il veut nous blesser. Je ne le laisserai pas faire, mais cela engendre nécessairement des prises de position radicales. Mon instinct me dit « préserve-toi » et mon ego m’invite à l’acharnement. J’ai choisi de vaincre le second, il n’a eu aucune chance, je ne lui en ai pas laissé le temps. Malgré tout je dois écrire, dire. Je sors de mon silence, ma torpeur parce que je n’ai plus peur. Plus peur de me regarder en face, plus peur de bousculer les évidences, plus peur de n’être pas aimé, plus peur de me montrer. 

Et si mes mots blessent ? 
Alors je m’en trouverais triste, mais sans excuses. Je ne pose plus de voile sur l’expression de mes ressentis. Les plaies mal soignées sont comme le poison que l’on s’inocule en espérant faire souffrir son bourreau. 

Il faut se libérer des colères, elles sont les fantasmes de l’ego. 
Je n’en éprouve aucune. 
Il faut se libérer des tristesses, elles sont les faiblesses de l’âme. 
Je n’en éprouve aucune. 


Je choisis de m’entourer d’amour, de regarder le monde qui est le mien avec tendresse pour les bienfaits qu’il m’octroie. Je m’éloigne des chagrins d’aujourd’hui, m’en émancipe, car ils construisent les forces de demain. 

lundi 30 mai 2016

Cent ou plutôt sans, à vous de voir

Il y a quelques temps de cela, j'ai découvert via la blog de David, cet exercice qui consiste, à l'occasion de son centième article, d'écrire cent affirmations sur soi qui permettent aux lecteurs d'en savoir un peu plus sur la personne qui se cache derrière tous ces textes. Comme je ne respecte rien, je n'ai évidemment pas attendu d'avoir écrit 99 articles pour vous pondre ma liste de cent affirmations. J'ai débuté cet article en décembre puis l'ai mis de côté car comme vous le savez tous à ce stade, ma vie s'est trouvée quelque peu chamboulée ces derniers mois. J'avais écrit des choses que j'ai depuis supprimées puisque plus valables en l'état actuel et l'on sent bien que l'état d'esprit n'est plus tout à fait le même entre le début et la fin. Je vous laisse libre de parcourir cette liste absurde qui n'a pour seul mérite de me remettre le pied à l'étrier de l'écriture que j'ai passablement délaissée.
  1. Je m’appelle Jean-Baptiste Cureau, 
  2. Je suis né à la Clinique du Tonkin à Villeurbanne en 1982 d’une mère Sicilienne et d’un père Bressan.
  3. Je suis le premier né d’une famille de 3 enfants, un petit frère et une petite soeur
  4. C’était un joyeux bordel à la maison, 3 gamins, une chiée de cousins et cousines, d’oncles et de tantes.
  5. J’ai grandi dans la banlieue Est de Lyon à Meyzieu et j’ai détesté ça.
  6. Mon adolescence a été un calvaire, j’ai voulu mourir chaque jour pendant presque 15 ans.
  7. 7 ans, c’est l’âge de raison m’a dit ma grand-mère. Mais Mamie, ça fait bien longtemps que je l’ai la raison, lui ai-je répondu, sale gosse.
  8. Complexé, timide, mal dans ma peau, à part, c’est un peu la vision que l’on a eu de moi pendant longtemps
  9. Hors norme, différent, cérébral, c’est plutôt comme ça que je me définissais.
  10. Je ne suis pas religieux mais,
  11. J’ai une appétence pour le Bouddhisme. Ce gros bonhomme jovial me rassure.
  12. J’aime cette idée de paix et d’amour.
  13. Je crois en la réincarnation de l’âme, probablement parce que ça me rassure car,
  14. Je suis terrorisé par la mort.
  15. Je n’ai aucune tolérance pour la bêtise.
  16. Je ne sais pas joué le jeu des discussions insipides à la machine à café.
  17. J’ai le sentiment de ne pas être toujours très adapté à cette société,
  18. Probablement parce que je n’ai jamais eu confiance en moi.
  19. Je ne me définis pas comme homosexuel. J’ai une relation amoureuse homosexuelle. 
  20. Mes parents ont éprouvé des difficultés à l’accepter parce que ça faisait de moi quelqu’un d’anormal. 
  21. Cela m’a surpris jusqu’à ce que je réalise que rien chez moi ne semblait « normal »
  22. Je suis surrefficient mental.
  23. Mon cerveau possède cette particularité de fonctionner différemment. 
  24. Un diagnostic tardif m’a permis de remettre en perspective toute mon enfance. La pièce manquante de mon puzzle était bien planquée. 
  25. L’âge de la mort de mon cousin. 
  26. L’âge auquel j’ai commencé à vivre.
  27. mars 1982. Ma date de naissance me fascine et j’ignore pourquoi.
  28. Je n’accepte pas que l’on me dicte ma conduite.
  29. Je ne comprends pas la notion de fierté. Je peux être content de moi, satisfait de mes réalisations et accomplissements, mais ce sentiment là est inconnu au bataillon, je ne sais pas l’expliquer. Et c’est bien le sentiment qui m’est incompréhensible pas son ressenti ;) je vous vois déjà venir avec vos « mais c’est parce que tu n’as pas confiance en toi », non non, je pense réellement que ce truc n’est un pas une émotion, mais bien une invention de l’égo pour se faire du bien. Bref, je ne comprends pas. 
  30. Le bel âge, tout commence à trente ans.
  31. Le nombre de métiers que j’ai occupés en 10 ans.
  32. Je suis touche à tout et m’ennuie très, mais alors très rapidement.
  33. Pour moi le travail est une hérésie, une des nombreuses inventions de l’homme qui n’a qu’un seul objectif : l’asservir. 
  34. Je ne crois pas en la notion de société. Même si je suis convaincu qu’une grande majorité de personnes a besoin qu’on lui explique quoi faire, dire, penser, comment se conformer, je suis convaincu que ce modèle ne m’est pas adapté. 
  35. Je ne crois pas en la notion de violence pour enrayer la violence. Punir ne résout rien et faire des lois qui asservissent l’ensemble pour la bêtise de quelques uns est un non sens. Dans mon esprit ça n’est pas différent de crier sur son enfant pour lui dire d’arrêter de crier ou de lui coller une fessée pour lui apprendre qu’il ne faut pas taper, c’est juste complètement con. 
  36. Si les parents enseignaient correctement la notion de respect à leurs rejetons ça serait beaucoup plus simple. Encore faudrait-il qu’ils sachent exactement de quoi on parle.
  37. Je suis convaincu que tout le monde n’est pas à même d’être parent et c’est probablement parce que je ne peux pas l’être que je suis intraitable avec ceux qui sont nuls.
  38. Je mourrai en incorrigible utopiste.
  39. Je me rêve en écrivain célèbre.
  40. Je cherche un éditeur pour mon roman et c’est un exercice hideux.
  41. J’ai dû relire près de cent fois chacun des commentaires qui en a été fait tant j’ai de mal à y croire. 
  42. J’ai commencé à écrire cet article à 6h30 du matin, il est 7h15, nous sommes le dimanche 20 décembre et il faut que je m’arrête pour écrire un article pour Air France. Ensuite je vais enfiler mon tablier et je vais aller vendre des chocolats toute la journée à tous ces abrutis de clients qui s’y prennent à la dernière minute pour acheter 100 grammes d’orangettes…
  43. Je crois en l’univers et ses mystères.
  44. Je suis persuadé que rien n’arrive jamais par hasard et que la vie nous mène toujours là où l’on est sensé être. 
  45. Je pratique le décodage biologique. Selon moi, tous nos troubles physiques trouvent leur origine dans nos troubles émotionnels. 
  46. J’ai longtemps cru que je ne pourrais jamais être ami avec un ex, jusqu’à JP.
  47. J’ai de nombreux amis, ceux que l’on compte sur les doigts d’une main, ben moi il me faut plusieurs mains, je crois que je suis chanceux. J’aimerai les citer tous mais comme j’ai peur d’en oublier, alors je les laisse se reconnaître. 
  48. Je déteste les fêtes de fin d’année depuis toujours, même étant gamin. Pour moi, cela devrait être un moment de réflexion sur l’année écoulée. Se retirer loin de cette frénésie d’alcool, de bouffe, de chocolat, de bruit, de cadeaux, de protocoles que je ne comprends pas, c’est mon rêve. 
  49. Ma fête préférée c’est le 8 décembre, la version sobre pré-année 2000.
  50. Parfois je me dis que je suis peut-être un vieux con avant l’heure.
  51. J’en suis à la moitié et je ne vois pas trop ce que je vais pouvoir encore ajouter que vous ne sachiez déjà et qui vous donnerait envie de poursuivre votre lecture.
  52. Je suis égocentrique,
  53. J’aime parler de moi,
  54. Tiens donc quelle surprise, monsieur « j’écris un blog pour m’épancher »…. connard. 
  55. Je viens de supprimer ce que j’avais écrit en 55 car depuis la vie m’a malmené et que ça n’était plus d’actualité.
  56. J’ai le coeur qui bat toujours trop vite.
  57. Je mens dès que cela me chante.
  58. Je cherche encore et toujours le sens de l’existence.
  59. Je pleure.
  60. J’ai dédié ma vie à la danse et suis passé à côté de ma vocation.
  61. Je peux passer des journées entières à ne rien faire, juste parce que mon cerveau en a besoin,
  62. J’ai détesté le Pas-de-Calais.
  63. J’ai envie d’une vie à la campagne.
  64. Mon tatouage signifie « Ombre et Lumière »
  65. J’ai tenté une fois de pratiquer le naturisme et me suis retrouvé au milieu d’une partouze, j’ai fui…
  66. Si je dois mourir demain je veux que l’on répande mes cendres au sommet de Notre Dame du Mai (pas Henriette bien sûr) sur l’Adagio d’Albinoni.
  67. J’ai fait deux belles crises de nerfs il n’y a pas deux semaines, sans raison apparente. 
  68. J’ai très souvent du mal à faire des choix et ça me complique particulièrement la tâche.
  69. Pourquoi pas…
  70. Nous sommes le 30 mai 2016 et je reprends l’écriture de cet article.
  71. J’ai une peur panique de me montrer tel que je suis.
  72. Et en même temps je ne parviens plus à faire semblant et me forcer.
  73. Mon prochain tatouage sera écrit en arabe et signifie « connais-toi toi-même »
  74. Je ne suis pas fait pour être seul.
  75. J’ai parfois l’arrogante sensation d’avoir la science infuse,
  76. et je me déteste pour ça.
  77. Je suis attiré par les écorchés de la vie, mes amis les plus proches sont de vaillants survivants.
  78. Je retournerais volontiers sur les bancs de la fac pour étudier la philo.
  79. J’ai décidé de tout mettre en oeuvre pour cesser de travailler avant mes 40 ans. 
  80. Je ne m’accorde pas autant de liberté que ça,
  81. J’ai censuré de nombreuses informations en écrivant cet article.
  82. J’aimerai avoir la capacité de tout dire.
  83. J’admire les esprits libres.
  84. Je ne regrette rien, ne culpabilise jamais et ne m’embarrasse pas de tous ces sentiments superflus qui appesantissent. 
  85. Malgré tout je fais toujours attention à ce que je dis.
  86. Je n’aime pas ma vie et c’est la raison pour laquelle je passe mon temps à tout chambouler, je cherche le bonheur.
  87. Je fuis le présent dans l’espoir prometteur d’un lendemain joyeux. 
  88. J’adore Beyoncé, Adèle et Florence Foresti mais ça vous le savez déjà.
  89. Je me demande encore et toujours si l’on me comprend véritablement. 
  90. Je pourrai tout plaquer pour aller vivre à l’étranger.
  91. J’éprouve bien des difficultés à terminer cet article. Je ne suis pas sûr qu’il présente un quelconque intérêt et ne suis pas convaincu d’avoir envie de le publier.
  92. Mon prochain livre sera probablement un traité et c’est pour cette raison qu’il n’est pas prêt de voir le jour.
  93. J’espère encore et toujours rencontrer le grand amour.
  94. Oui je suis complètement taré, et oui j’en ai pleinement conscience.
  95. Aujourd’hui cela fait 21 ans que mon grand-père est mort et il me manque toujours autant.
  96. Je ne suis pas sûr que vous soyez bien nombreux à avoir poursuivi la lecture jusqu’à la fin. 
  97. Si c’est le cas vous avez toute mon admiration. 
  98. Je vous invite à en faire autant, vous verrez ce n’est pas si simple et à la fois c’est intéressant de se pencher sur soi de la sorte.
  99. J’ai gardé le plus important pour la fin. 
  100. Je veux un enfant… 

dimanche 10 avril 2016

Nobody knows


Ecrire mon désespoir, longtemps j’y ai songé, rarement me le suis autorisé. Je crois que j’ai peur. Peur de moi, peur des autres, des questions auxquelles je ne tiens pas à répondre, des émotions dont je me refuse à faire face, de la pitié, de la sympathie larmoyante, de tous ces sentiments humains dont j’exècre le plus souvent la banalité. 

Il est des heures où ma peine semble plus profonde que l’abysse, et la mort m’apparaît bien souvent comme une agréable compagne. Je me trouve dans un de ces jours où la vie ne fait plus sens. Je me sens seul, sale, triste, pathétique, éprouvant, éprouvé, proche du renoncement. Cela ne durera pas. Je maîtrise le fonctionnement de cette ellipse momentanée et submergeante. Je retrouverai la vitalité, le goût de vivre, le plaisir d’être, mais cela ne sera pas pour ce soir. 
Un flot émotionnel incontrôlé, incontrôlable me submerge. Je ne suis plus que l’ombre de mon ombre. Je me vis en déchet humain, un amoncellement de poubelles malodorantes, incommodantes. Et il n’y a ni explication, ni mot qui ne sauraient me faire revenir à la positivité. Ainsi sois-je. 

Je n’ai jamais vraiment aimé la vie. Pourquoi ? Je l’ignore. Je la trouve d’un ennui affligeant. Si les émotions ne sont pas intenses, à quoi bon en avoir !  
Le tiède m’horripile, la froideur me vivifie et la chaleur me consume. Là où d’aucuns voient la vie en noir ou en blanc, moi je semble saisir toutes les nuances de gris. Pauvre petit garçon doué d’une terrible affliction. 

J’éprouve bien des difficultés à entrevoir non seulement le bout du tunnel, mais plus encore le prochain virage. J’avance dans le noir le plus ébène. Où cette vie veut-elle me mener ? Chaque seconde s’étire en une minute qui m’apparaît bien interminable. Suis-je insensé de croire que la vie est trop longue ? Suis-je insensé de croire que la vie me consume tel un fétu de paille ? Suis-je encore sensé ? Ai-je perdu la foi ? Tant d’interrogations qui me hantent au quotidien et ne trouvent pour seul écho que la misanthropie de mon désespoir. 
On m’enjoint : « écris, cela te fera du bien ». Mais cet écrit me libèrera-t-il véritablement de mes turpitudes atrabilaires ? Nobody knows. Nobody knows à quel point je puis éprouver de mépris pour l’existence lorsqu’elle me chahute un peu trop. Nobody knows dans quel état de détestation je puis sombrer à quelque occasion. Nobody knows si je m’en sortirais, enfin, un jour. 


Un sourire de façade, une capacité au rebondissement, une volonté de résilience, parfois tous ces potentiels m’affligent d’une inouïe violence. Je hais ces autres comme je hais cette vie. Je me méprise comme on méprise la mort. J’ai perdu mes pouvoirs, temporairement certes, mais je ne parviens plus à donner le change. Il est certainement temps de prendre ce repos tant mérité. Je ne joue plus, je me présente, dans toute ma vérité, sans fard, avec mes fardeaux. La peine en bandoulière, le boulet de la tristesse chevillé au corps, je n’éprouve plus le besoin de plaire, juste d’être tout simplement. Être en accord avec mes vérités, être en accord avec mes sommets et mes abysses, être vu dans le plus simple appareil de ma nudité émotionnelle. Un être fait de doutes, de peurs, d'incertitudes, de certitudes, de violence, de sentiments crus, à vif, écorché je suis. 

samedi 26 mars 2016

Trente trois

Voilà, c’est officiel, 33 se termine et je crois pouvoir admettre sans trop de difficulté que cette année aura été la plus marquante de ma courte histoire. Toutes les émotions d’une vie condensées en cette année christique qui demeurera comme un totem au coeur de mon parcours. 

J’ai démarré mes 33 ans, donc officiellement ma 34ème année, en affirmant enfin ma véritable vocation, en réalisant que c’est dans le bordel qui se joue entre mes deux oreilles que se situe mon talent et qu’il suffisait tout bonnement de le montrer. Il y a donc tout juste un an, je vivais dans le sud, j’étais amoureux et je débutais ce qui allait constituer ma plus belle réalisation. Trois mois d’écriture intensive m’auront permis d’accoucher de mon premier roman que j’ai voulu comme l’étendard de mon optimisme retrouvé. Moi qui ai fait 12 ans de dépression, qui aurait pu m’imaginer écrivant La Croix du Mouton ? Pas moi, c’est certain ! Aujourd’hui je n’aspire plus qu’à une chose : écrire, écrire toujours et encore, aller chercher ce qui se cache tout au fond, dans les profondeurs abyssales de mon être complexe et torturé. 
J’ai ainsi connu l’exaltation de la révélation à soi-même d’une incroyable vérité, puis l’angoisse envoutante, dévorante, ravageuse de l’exposition publique de mon oeuvre et enfin la vague déferlante de témoignages tous plus perturbants les uns que les autres. Parce que les gens ont pleuré et que je ne l’avais pas même envisagé, parce que les gens m’ont fait pleurer et que je ne l’avais pas plus imaginé, parce que la passion qui dévore mais ne peut se vivre en permanence rend fou, parce que la réalité nous rattrape et qu’il faut, ma foi, se résigner; pour toutes ces raisons, ce livre aura été un catalyseur d’émotions. 
Il y a encore quelques jours, un nouveau personnage qui côtoie désormais mon chaotique passage sur cette orange bleue, à propos du livre me disait « il te survivra et c’est la trace qu’on laisse après notre mort qui nous rend éternel », c’était la St Patrick, j’étais rue St Jean à Lyon, une Guinness à la main et j’ai chialé… Et comme me le disait cette amie si chère à ma coeur, Candice « après ça tu peux mourir » bon et bien je crois que la boucle est bouclée. 
J’ai souvent envié les artistes qui montent sur scène et s’en trouvent acclamés, cette décharge surréaliste d’affection qui vous submerge. Je crois qu’à ma petite échelle c’est ce que j’ai vécu avec mes quelques phrases couchées sur le papier. Je crois que plus que jamais je vis pour ces coups d’adrénaline, pour la plaisante solitude de l’écriture, ce silencieux face à face avec soi qui ne trompe pas, pour les échanges, ces ressentis, ces émotions partagées qui agissent comme un miroir de nos âmes, lorsque nos inconscients se comprennent par l’intermédiaire de ma prose. Quelle sensation… Et puis ce désespoir, ce désespoir de retourner à la vie normale, cette vie normale que j’ai tant de mal à m’approprier, que je rejette, exècre, déplore, ne comprends pas. J’ai tant d’admiration pour ceux qui travaillent, assument leurs responsabilités, je m’en sens tellement incapable, comme si ma vie n’était pas là. 
Et puis bien sûr, comment ne pas vous parler d’Alexandre, de cette histoire d’amour si belle qui a chamboulé toutes mes certitudes sur la vie, le couple. Je ne pensais pas pouvoir vivre cela, moi qui n’ai connu que la solitude et la déception. Je trouvais enfin quelqu’un qui me bouleverse, dans tous les sens du terme. Avec lui j’ai découvert une furieuse envie de vivre heureux, de mener une quête sans relâche vers le bonheur. J’ai abandonné mon aura de tristesse pour laisser place à une gaieté dont je me pensais dépourvu. Et puis, lorsque la mélancolie s’installe de nouveau, vient alors le temps de rependre la quête du bonheur, mais seul. Et parce que la vie ne m’a pas seulement offert avec lui un compagnon, mais également un meilleur ami, plus que jamais il me soutient et je l’accompagne. Le véritable amour a ceci d’extraordinaire qu’il transcende toutes les barrières que l’on s’est fixées. 

Alors voilà, je termine donc cette année seul, à Lyon à vendre des citrons et je reste convaincu qu’il s’agit bien là de la place à laquelle je dois être aujourd’hui., parce qu'en observant dans le rétroviseur de mon existence, je constate que la route est particulièrement défoncée, mais que le paysage autour est véritablement sublime.